A/HRC/24/39
de Stockholm, les POP ne peuvent être importés par les Parties contractantes que sur
autorisation et pour une finalité prévue par les exceptions figurant aux annexes à cet accord
ou à des fins d’élimination écologiquement rationnelle, conformément aux dispositions
pertinentes de cet instrument.
42.
Production: en droit international de l’environnement, la production de substances
ou de produits chimiques dangereux est rarement réglementée en tant que telle. L’attention
du législateur se porte généralement sur certaines phases du cycle de vie des produits autres
que la production. Cependant, l’évolution récente des politiques environnementales a
provoqué une prise de conscience croissante de la nécessité d’éliminer à la source certains
risques inacceptables, en interdisant la production de substances dont les risques pour la
santé des personnes et l’environnement ne peuvent être maîtrisés de manière efficace par
d’autres mesures. Le premier exemple dans l’histoire du droit international de
l’environnement concerne les substances réduisant la couche d’ozone, dont la production et
la consommation ont été limitées en 1987 par le Protocole de Montréal relatif à des
substances qui appauvrissent la couche d’ozone. Le Protocole de Montréal vise
l’élimination progressive (de 1994 à 2040) de la production et de la consommation de
96 produits chimiques ayant pour effet de réduire la couche d’ozone. Cependant, les Parties
peuvent continuer à produire des quantités limitées de la plupart de ces substances afin de
répondre à leurs besoins s’il s’agit d’utilisations «essentielles» pour lesquelles n’auraient
pas encore été identifiées d’alternatives. Pour sa part, la Convention de Stockholm prévoit
l’élimination de toute production volontaire de POP, sauf en ce qui concerne certaines
exemptions spécifiques provisoirement autorisées pour certaines Parties dans le cadre
d’usages particuliers. Par exemple, les Parties qui le souhaitent peuvent continuer à
produire du DDT uniquement pour la lutte contre les vecteurs pathogènes (lutte
antivectorielle) et conformément aux recommandations et lignes directrices de l’OMS en la
matière.
43.
Émissions des procédés industriels: les émissions de polluants provenant des
installations industrielles font partie des domaines les plus anciens de la réglementation
environnementale. Certains polluants pour lesquels des normes d’émission ont été
prescrites par la législation de lutte contre la pollution applicable aux sources industrielles
sont en fait des substances dangereuses faisant également l’objet d’autres réglementations.
Les valeurs limites d’émissions fondées sur la meilleure technologie disponible sont
appliquées en droit international, ainsi qu’en droit communautaire et au niveau des
législations nationales. Sur le plan international, la Convention de Stockholm exige que les
Parties contractantes réduisent le volume total des rejets d’origine anthropique de POP
produits involontairement dans le cadre de certains procédés industriels impliquant des
matières organiques et du chlore afin de réduire leur volume et, si possible, les éliminer
complètement par un ensemble de mesures technologiques spécifiées en annexe dudit
instrument.
44.
Utilisation dans les procédés industriels: l’impact des substances dangereuses sur
la santé et l’environnement peut être réduit en limitant ou en interdisant l’usage de ces
substances dans certains procédés industriels, lorsqu’existent des substituts ou des procédés
de remplacement. Ces restrictions étaient d’abord destinées à protéger la santé des
travailleurs. C’est ainsi que l’OIT a adopté en 1921 une Convention interdisant l’usage de
certains pigments à base de plomb dans les travaux de peinture industrielle afin de prévenir
l’exposition des ouvriers au risque d’empoisonnement par le plomb. En 1971, une autre
Convention a été adoptée par l’OIT pour restreindre l’usage du benzène ou de produits à
base de benzène dans certaines activités industrielles, tout en exigeant le remplacement de
ces produits carcinogènes par des produits de remplacement moins nocifs. Plus récemment,
de telles mesures ont également été adoptées en vue de protéger l’environnement, comme il
est possible de le constater en ce qui concerne la Convention de Stockholm ou encore à la
lumière des décisions intergouvernementales prises en application de conventions
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GE.13-52381 (EXT)
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