A/HRC/29/27
20. La Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant traite de certains aspects
de la violence à l’égard des filles, notamment les mariages précoces et les mariages
forcés, le travail des enfants, les violences, la torture, les pratiques sociales et
culturelles néfastes, la situation des enfants dans les conflits armés, l’exploitation
sexuelle, ou encore la traite et les enlèvements. Tout en intégrant les traditions et les
valeurs africaines, la Charte interdit les pratiques et coutumes traditionnelle s néfastes
pour l’enfant 12.
21. L’absence de mécanisme judidiciare de répression dans le système africain de
protection des droits de l’homme a donné lieu à plus de quarante années de
mobilisation de la société civile 13. La création de la Cour africaine de justice et des
droits de l’homme est prévue dans le Protocole portant statut de la Cour africaine de
justice et des droits de l’homme 14; elle entraîne la fusion entre la Cour africaine de
justice et la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples. Le préa mbule du
Protocole dispose que la Cour a pour objectif de garantir les droits énoncés dans la
Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, dans la Charte africaine des
droits et du bien-être de l’enfant, dans le Protocole relatif aux droits de la femme en
Afrique et dans tout autre instrument juridique relatif aux droits de l’homme ratifié par
les États. Le Protocole élargit donc considérablement la compétence de la Cour, qui
couvre désormais plus que les instruments du système africain de protect ion des droits
de l’homme. Malheureusement, à ce jour, seuls cinq États ont ratifié ce Protocole; or,
15 ratifications sont nécessaires pour que la Cour puisse être créée. Entre-temps, la
Cour africaine des droits de l’homme et des peuples, créée en 1998, continue de
connaître des affaires sur le sujet.
22. L’article 45 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples autorise
de manière indirecte la nomination de rapporteurs spéciaux et la règle 23 du
Règlement intérieur de la Commission africaine d es droits de l’homme et des peuples
prévoit expressément la création par la Commission de mécanismes subsidiaires
comme les rapporteurs spéciaux. Le mandat de la Rapporteuse spéciale sur les droits
de la femme en Afrique a été créé en 1996 et la première titulaire, choisie en 1999
parmi les membres de la Commission. Le Bureau de la Rapporteu se spéciale a
rencontré de sérieuses difficultés, car le budget que lui alloue la Commission n’est pas
suffisant et il ne bénéficie pas de l’appui du secrétariat 15. Malgré les difficultés
rencontrées, la Rapporteuse spéciale a réalisé des visites de sensibilisation dans de
nombreux pays et met notamment l’accent sur la question de la violence à l’égard des
femmes.
23. L’article 62 de la Charte prévoit que les États s’engagent à présenter un rapport
tous les deux ans. Des lignes directrices relatives à l’établissement des rapports ont été
adoptées; les États sont tenus de rendre compte de la situation générale relative aux
droits de l’homme, tel qu’indiqué dans la Charte africaine. En outre, la section VII des
« Directives de présentation des rapports périodiques nationaux » de 1989 établit le
cadre de présentation des rapports sur l’élimination de toutes les formes de
discrimination à l’égard des femmes. Les États sont tenus de rendre compte des
mesures législatives et autres qu’ils ont prises en faveur de l’autonomisation des
femmes, ainsi que celles prises pour supprimer les obstacles à la participation des
femmes à tous les aspects de la vie. Les lignes directrices impos ent également aux
États parties de traiter, dans leurs rapports, de chacun des articles de la Convention sur
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Voir Rachel Murray, Human Rights in Africa : From the OAU to the African Union (Cambridge,
2004), p. 167.
Vincent O. Orlu Nmehille, « Towards an African Court of Human Rights : Structuring and the
Court », Annual Survey of International and Comparative Law, vol. 6, n o 1 (2000), p. 27.
Adopté officiellement lors du Sommet de l’Union africaine tenu en juillet 2008.
Voir Julia Harrington, « Special rapporteurs of the African Commission on Human and Peoples’
Rights », African Human Rights Law Journal, vol. 1, n o 2 (2001), p. 266.
GE.15-09376
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