A/HRC/44/39/Add.2
165 inspecteurs, et la publication des règles applicables aux jardins d’enfants, pour que les
parents en soient informés.
53.
Finalement, la Ministre de la femme, de la famille et de l’enfance a indiqué qu’elle
avait lancé un processus de discussion du projet de la loi sur les jardins d’enfants, lequel a
été déposé à l’Assemblée des représentants du peuple le 27 juillet 2016.
2.
L’enseignement secondaire et les lycées
54.
Il existe une importante couverture de l’ensemble du territoire national par les
collèges et les lycées, tant en milieu rural qu’en milieu urbain. L’existence des internats a
fortement permis le maintien des filles en majorité dans ces structures éducatives.
Cependant, plusieurs acteurs rencontrés sont d’avis que le décrochage scolaire est très
important chez les adolescents, avec plus de 100 000 cas chaque année. En outre, la vétusté
des infrastructures et l’insuffisance du matériel de base – surtout dans les collèges
techniques – constituent des difficultés pour une grande partie de ces espaces éducatifs.
55.
La Rapporteuse spéciale a pu constater que, de plus en plus, les notes données aux
élèves prennent le dessus sur les acquisitions en matière de connaissances, de compétence
et de capacité. Les conséquences sont nombreuses : course effrénée vers les écoles pilotes
et stress permanent pour les familles et les élèves, au point d’entraîner parfois des
décrochages, voire des suicides.
56.
Le phénomène de l’accroissement des cours particuliers est une conséquence de
l’insuffisance de qualité de l’éducation et de la focalisation des parents et de la société sur
les notes. Les cours particuliers sont devenus la norme dans la plupart des établissements
scolaires, au point où la réussite devient difficile sans y avoir recours.
57.
Parmi les causes d’abandon scolaire, on peut aussi noter l’insuffisance des moyens
de transport, ainsi que leur accès particulièrement difficile pour les filles vivant en zone
rurale, au vu des dangers qu’elles pourraient rencontrer sur la route et auxquels leur famille
ne veut pas les exposer, ou la peur de l’échec scolaire due au changement linguistique, pour
certaines matières, entre les niveaux primaire et secondaire.
3.
L’éducation supérieure et les formations professionnelles
58.
Lors des discussions avec la Rapporteuse spéciale, le Gouvernement a reconnu que
les liens entre le système scolaire et le monde du travail étaient si rares que ce dernier
offrait très peu de perspectives d’emploi, à la sortie de l’université. Par conséquent, le
Gouvernement a décidé, dans le cadre de la mise en œuvre d’un projet de réforme lancé en
2017, de mettre en place un réseau de Centres de carrières et de certification des
compétences, connus sous l’appellation « 4C ». Les 4C sont rattachés aux universités et
permettent aux étudiants et aux nouveaux diplômés d’avoir accès à un service gratuit de
conseil, de formation complémentaire, de certification et d’accompagnement à l’insertion
professionnelle. Le nombre de centres est passé de 6 à près de 150 en deux ans. Il convient
de noter qu’à la fin 2019, 75 % des universités disposaient d’un centre 4C.
59.
En outre, le Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique a
développé une innovation dans le domaine de la prévention et de la gestion des conflits en
milieu universitaire, au moyen des centres et des cellules de médiation. L’objectif est de
créer un centre national de médiation et d’avoir des centres et des cellules dans chaque
université pour anticiper les conflits et créer un espace de dialogue, de cohésion sociale et
d’interaction entre les différents acteurs. Fin 2019, il y avait 14 centres universitaires de
médiation : 13 centres établis dans les 13 universités du pays et un centre national au niveau
de l’administration centrale du Ministère. La Rapporteuse spéciale encourage cette
initiative d’espaces d’expression et de dialogue participatif pour l’apprentissage dans la
paix.
60.
Le Gouvernement fait aussi de la discrimination positive en faveur des étudiants et
étudiantes des régions défavorisées en gardant un quota spécifique. Par conséquent, les
étudiants de ces régions sont en concurrence entre eux, et non avec les étudiants des régions
plus aisées. Cette politique leur permet d’avoir accès aux universités les plus prisées du
pays.
12
GE.20-06713
Select target paragraph3
Connect to a paragraph
Connect to an entity
Disable highlights
Add to table of contents