A/HRC/44/39/Add.2 103. Une révision du système d’évaluation des enseignants est nécessaire afin de le rendre plus efficace, d’améliorer la qualité du travail des enseignants et de combler les lacunes et déficiences du système éducatif. 104. Les partenariats avec des entreprises dans les différents secteurs du marché du travail public et privé (agriculture, commerce, industrie, TIC, etc.) devraient être renforcés afin que les compétences des diplômés soient en concordance avec les exigences du monde du travail. 4. Renforcement de l’enseignement technique et de la formation professionnelle 105. La Rapporteuse spéciale encourage le Gouvernement à poursuivre son objectif de répartition de 50 % d’enseignement général et 50 % de formation professionnelle. 106. L’enseignement technique et la formation professionnelle devraient être valorisés. La sensibilisation des parents, des enfants et de l’opinion publique est une étape nécessaire afin de contrer la perception que l’enseignement technique et la formation professionnelle sont un choix de dernier recours. 107. Une interrelation convenable entre le Ministère de l’éducation et le Ministère de la formation professionnelle et de l’emploi serait opportune, afin de s’assurer que l’orientation vers l’enseignement technique et la formation professionnelle puisse se passer au bon moment pour les apprenants, étant entendu que le choix de cette option a une valeur égale à celle de l’éducation générale en matière d’accès au marché du travail. 108. Les institutions de formation technique doivent faire partie intégrante de l’éducation de la jeunesse de la Tunisie. Il est donc impératif d’y mettre suffisamment de moyens pour garantir la qualité des acquisitions. 109. Bien qu’il existe déjà des centres de formation dans les régions et les gouvernorats de Tunisie, vue l’étendue des régions, il est important de rapprocher les centres des communes. En particulier, les communes se trouvant à l’intérieur du pays doivent être dotées de ces centres afin d’assurer l’égalité des chances et la nondiscrimination dans l’accessibilité pour tous à l’éducation. 5. Alphabétisation 110. Avec un taux d’alphabétisation d’environ 80 % pour les 15 ans et plus en 2017 et l’abandon scolaire, chaque année, de plus de 100 000 élèves des niveaux primaire et secondaire sans que ceux-ci aient acquis les compétences basiques pour éviter l’analphabétisme, il faut concevoir et mettre en œuvre un programme vigoureux d’alphabétisation et d’éducation non formelle en lien avec la formation professionnelle, afin de réduire l’analphabétisme dans la population active. 6. Fuite des cerveaux 111. Il serait utile de mener une réflexion profonde afin de juguler le phénomène de la fuite des cerveaux, ou du moins le canaliser afin d’en minimiser les conséquences néfastes pour le pays. Pour rendre plus attrayante l’idée de rester en Tunisie, il serait indiqué de créer des possibilités d’emploi réalistes pour les jeunes, y compris au moyen de la création de débouchés sur le marché du travail par l’intermédiaire de l’enseignement technique et de la formation professionnelle. 7. Financement de l’éducation 112. Le Gouvernement est à féliciter pour avoir consacré plus de 22 % de son budget à l’éducation, si l’on tient compte des budgets pour l’enseignement supplémentaire et la petite enfance. Néanmoins, la Rapporteuse spéciale recommande au Gouvernement d’inverser les parts de ce budget affectées aux frais administratifs et au développement du secteur de l’éducation, afin qu’une partie plus conséquente du budget soit consacrée à l’amélioration de la qualité de l’éducation, notamment par la modernisation des infrastructures, la mise à jour du matériel pédagogique et la formation continue des enseignants. GE.20-06713 19

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