A/HRC/44/39/Add.2
Le Gouvernement s’efforce de créer un cadre pour l’offre de cours particuliers : pas plus de
dix à vingt heures de cours privés par élève, pas plus de trois matières – la troisième étant
gratuite. Les enfants de personnel non enseignant des écoles sont exemptés des frais. Les
revenus tirés de ces cours sont distribués comme suit : 80 % pour l’enseignant, 10 % pour
le cadre qui supervise, 5 % pour les autres catégories de personnel de l’établissement, et
5 % reversés dans le budget de gestion de l’école.
81.
La Rapporteuse spéciale a constaté qu’il existe seulement trois établissements
d’enseignement pour non-voyants dans tout le pays : deux écoles primaires et une école
secondaire. Néanmoins, elle se félicite des efforts du Gouvernement pour inclure les élèves
malvoyants dans les écoles ordinaires par la création de classes qui leur sont réservées au
sein de trois écoles primaires publiques.
82.
La Rapporteuse spéciale note avec regret que les écoles privées n’ont pas de cahier
des charges qui les oblige à accueillir les personnes en situation de handicap dans leurs
établissements.
B.
Valorisation de l’enseignement technique et de la formation
professionnelle
83.
La Rapporteuse spéciale prend note que l’objectif du Gouvernement d’arriver à une
répartition de 50 % de formation professionnelle et 50 % d’enseignement classique en 2014
n’a pas été atteint. Elle se félicite que la priorité de la Ministre de la formation
professionnelle et de l’emploi est de redonner ses lettres de noblesse à la formation
professionnelle. Elle prend note également de l’effort du Gouvernement d’associer la
formation professionnelle à l’intégration sociale et d’en faire un secteur de choix pour
accueillir les jeunes décrocheurs. La Rapporteuse spéciale encourage le Gouvernement à
poursuivre dans cette voie.
84.
La Tunisie dispose de 136 centres de formation professionnelle publics, accueillant
75 961 apprenants inscrits en 2016. Ces centres ne sont pas également répartis entre les
différentes régions, bien que les communes dépourvues de tels centres de formation aient
demandé à en être dotées.
85.
La Rapporteuse spéciale signale néanmoins que pour redonner à la formation
professionnelle ses lettres de noblesse, il ne faudrait pas uniquement se focaliser sur le volet
de l’intégration sociale ; il faudrait également que le système éducatif travaille main dans la
main avec le système de formation professionnelle afin d’orienter plus de jeunes vers ce
domaine. Pour ce faire, il faudrait que l’offre de formation professionnelle soit plus
attrayante et plus largement disponible. À ce titre, la Rapporteuse spéciale prend note du
dilemme perpétuel auquel le Gouvernement fait face : étendre l’offre de formation
professionnelle, ou renforcer ce qui existe maintenant. Elle estime que des efforts devraient
être faits pour améliorer à la fois la qualité et la disponibilité de la formation
professionnelle.
C.
Expériences innovantes et bonnes pratiques du système éducatif
tunisien
86.
La Rapporteuse spéciale a noté avec intérêt certaines bonnes pratiques mises en
place en Tunisie, notamment : a) la possibilité pour des détenus de poursuivre leur
éducation et leur apprentissage ; b) l’établissement de la Commission nationale de
coordination, d’élaboration et de présentation des rapports et de suivi des recommandations
dans le domaine des droits de l’homme, au sein du Ministère chargé des relations avec les
instances constitutionnelles, la société civile et des droits de l’homme ; c) la création du
groupe de travail « Task force éducation citoyenne » ; et d) la concertation entre le
Gouvernement et la société civile pour la prise en charge des personnes en situation de
handicap.
87.
Au cours de sa visite, la Rapporteuse spéciale a été informée par le Ministère de la
justice que les détenus étaient autorisés à poursuivre leur enseignement secondaire et
16
GE.20-06713
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